Le Bijou d'art
Ma philosophie dans la création
Le bijou et l'artiste
Le bijou est l'inutile indispensable
L'or et le bijou sont à jamais unis.
Pour réussir un bijou
Le bijou de créateur reste le plus souvent intemporel
Comment je crée
La question de la plus-value d'un bijou
Comment conserver ses bijoux ?
Entretien
L'assurance
Les bagues
Les pendentifs
Le Bijou d'art
"Création ou "créateur de bijoux"...sont des termes aux allures prétentieuses. Même les plus grands artistes n'ont jamais eu le droit aux appellations de "créateur de tableaux" ou "créateur de sculptures". Au grand maximum, on leur lance de temps en temps un "maestro" flatteur.
Le terme quelque peu divin "créateur de bijoux" est né pour différencier l'artisan bijoutier de l'artiste bijoutier. Le premier étant un technicien spécialisé ou un simple commerçant, le second un "maître d'art" qui invente et réalise les objets dont il est le seul créateur.
A ce titre, il serait bon de différencier les bijoux commerciaux ou industriels tellement répandus de nos jours. Tout le monde connaît les médailles, les chaînes et autres gourmettes, les bagues estampées et breloques diverses. Il n'est pas rare qu'un fabricant réalise 10.000 exemplaires d'un seul modèle... Bien sûr, ceux-ci seront proposés à la vente dans un maximum de points de vente, horlogerie-bijouterie, librairie...et même en grande surface.
Mais il existe sur Terre des pièces rares, faites à très peu d'exemplaires voire uniques, impossibles à posséder par tout le monde. Ce sont des joyaux sentimentaux, fruits de l'habileté, de l'intelligence et du rêve d'une seule personne, celle qui les a créés.
Ma philosophie dans la création
Je me souviens de ces années ou je préferais "jouer" dans l'atelier de mon père le dimanche plutôt que de m'amuser au dehors avec des jeunes de mon âge. C'était mon époque des "châtons", ces montures à griffes. Mon amusement était de composer parfaitement le montage avant le soudage. Chaque petite pièce était émerisée finement afin de ne laisser aucune griffe lors du polissage. Ensuite seulement, je montais les pièces en les faisant tenir avec du fil de fer très fin et je les soudais ensuite avec la soudure adéquate.
Avec l'âge, j'ai senti que j'avais quelques avantages dans mes chromosomes qui me différenciaient des autres. Mes goûts se portèrent sur l'envie d'en connaître toujours davantage. Peinture aux Beaux-Arts, cours des Arts et Métiers et rencontre avec des sensibilités différentes. C'est là que j'ai appris à sortir des sentiers battus. Mais la sagesse et l'expérience ne suffisent pas à elles seules, il y a sûrement une aide qui nous vient d'ailleurs, car dans l'absolu on ne crée rien soi-même.
A suivre...
Le bijou et l'artiste
L'artiste ne peut créer qu'en toute liberté, sans se préoccuper des difficultés de l'aspect commercial, handicap majeur des industriels du bijou-mode. Il a le libre choix d'employer toutes les matières et tous les matériaux. Il peut vagabonder dans les styles qui l'inspirent et choisir des lignes sobres, mathématiques, cinétiques, romantiques, surréalistes, baroques, sensuelles, etc...
Le bijou est l'inutile indispensable
Il répond à l'aspiration de chacun, pour l'art de vivre, le symbole, le rêve, la passion, la beauté, la parure, l'exhibition, le placement, la sécurité, etc... Aucune civilisation n'a pu s'en passer. Il a marqué les grands moments de l'Histoire et continue à le faire.
Il faut une couronne pour sacrer un empereur, il faut une alliance pour célébrer un mariage.
L'or et le bijou sont à jamais unis.
Beaucoup de matériaux ont été employés pour faire des bijoux, mais, grâce à ses qualités physiques inégalables, le métal le plus prisé a été et restera l'or.
Cet or, qui du reste a guidé le monde entier par sa valeur marchande, est un métal fascinant, son éclat ne se ternit jamais, en le repolissant, on peut se mirer dedans comme dans un miroir. Il est à noter que l'or natif n'est pas pur; il est allié à d'autres métaux, notamment à l'argent, au cuivre, au fer. (lien alliage)
L'or et le bijou sont à jamais unis.
Beaucoup de matériaux ont été employés pour faire des bijoux, mais, grâce à ses qualités physiques inégalables, le métal le plus prisé a été et restera l'or.
Cet or, qui du reste a guidé le monde entier par sa valeur marchande, est un métal fascinant, son éclat ne se ternit jamais, en le repolissant, on peut se mirer dedans comme dans un miroir. Il est à noter que l'or natif n'est pas pur; il est allié à d'autres métaux, notamment à l'argent, au cuivre, au fer. (lien alliage)
Pour réussir un bijou
Il est important de ne pas traîner entre l'inspiration et la réalisation car si le temps écoulé entre les deux est trop long, un même dessin peut être interprété différemment selon l'état d'âme du créateur. A l'époque de Benvenutto Cellini, les artisans travaillaient durant des années sur le même objet. Il y a encore quelques temps, on pouvait passer plusieurs mois de travail sur un seul objet. Malheureusement, les mécènes qui possédaient leurs artistes réalisant un objet par an ont disparu.
Aujourd'hui, un bijou contemporain doit être réalisé au rythme de la vie actuelle, il doit refleter l'ambiance quotidienne.
Le bijou de créateur reste le plus souvent intemporel
Alors qu'un bijou classique est déjà dépassé ou qu'un bijou-mode sera démodé l'année qui suit sa fabrication, le bijou de créateur continue son chemin parallèlement à la peinture, la sculpture, l'architecture ou la musique. Cet art, quand il est fait de créations, d'expressions, car en effet c'est un art majeur qui est lié à l'histoire de l'humanité, c'est un témoin de son temps. Aujourd'hui, nous connaissons l'histoire des peuples Hittites, qui ont existé 5.000 ans avant J-C. grâce aux bijoux retrouvés dans les fouilles. A travers ces pièces, les archéologues ont pu nous expliquer quels étaient leur art de vivre et leur culture.
Comment je crée
Je conçois mes bijoux en tant que sculptures miniatures et imagine certaines formes de bague ou de pendentif comme des sculptures monumentales.
Je suis contre une certaine forme de bijoux à durée limitée que l'on dit éphémères, c'est à dire des objets en papier, carton, coton ou plastique. Bien au contraire, le bijou doit être une valeur sûre, au même titre qu'une sculpture ou un tableau.
La liberté absolue dans la création de bijoux n'est pas liée à l'idée du bijou ou du corps de la femme qui le portera. C'est l'avantage de pouvoir créer, je dirais de pouvoir "sortir de soi" une forme sculpturale dominée par des lignes abstraites avant de devenir un bijou. Cependant, le fait de connaître la personne qui le portera engendre une réaction "harmonique" et mes chromosomes travaillent alors en symbiose avec la sensibilité de la 4ème dimension.
J'avoue être capable de savourer une forme, de l'écouter et de lui donner tout ce que j'ai. Je ressens l'or que je touche comme une puissance de la matière dans l'acte de sa forme. Quelque part, cette forme se construit perpétuellement et si je ne stoppais à un certain stade, je crois que cela continuerait toujours.
Mon voeu le plus sincère dans la création est d'être capable de donner aux bijoux créés non pas une âme, mais un rayonnement, une vibration que pourra capter la personne qui l'acquerra. Le bijou devient alors significatif et vivant.
Il y a peut-être dans tout cela une recherche sur la question du temps, des racines et du devenir, un dialogue réflexif, peut-être mystique.
La question de la plus-value d'un bijou
C'est la question qu'évidemment chacun se pose : "ce que j'achète va-t-il prendre de la valeur ?" Personne n'a la réponse. L'anticipation sur une plus-value possible est une affaire de grands connaisseurs, conscient qu'ils prennent des risques et qu'ils peuvent se tromper. Mais là au moins, leur jeu (car c'en est un) est clair, et ils ne sont pas surpris. Il en est du bijou comme de n'importe quel domaine du marché de l'art. L'idée de spéculer à tout prix est le plus souvent une mauvaise conseillère dans un domaine ou l'irrationnel règne plus qu'ailleurs. Mais, si vous vous efforcez d'acheter des bijoux de bonne qualité, des bijoux d'artiste que vous aimez, que vous avez choisis en vous entourant d'avis compétents, si vous consacrez à vos achats le temps qu'il faut pour former votre goût, vous aurez d'abord ce plaisir continuel d'en profiter et à terme, de voir la qualité de vos choix confirmée par l'augmentation de leur valeur. Sachez que le bijou n'est pas un placement spéculatif, mais une bonne conservation du patrimoine susceptible d'une plus-value à long terme (voire à moyen terme
Comment conserver ses bijoux ?
Les précautions à prendre quand vous les portez>
Nous ne vivons plus la vie tranquille de nos grands-mères. Nous travaillons avec nos mains. De cuisinière à tapissier amateur et plombier d'occasion, nous n'arrêtons pas. A ce train, nos chers compagnons les bijoux se détériorent. N'oubliez pas qu'un bijoux est fait de fils de métal, de plaquettes très minces, de nombreuses soudures délicates. Il est donc fragile. N'attendez pas de lui ce qu'il ne peut supporter : les chocs, tractions, torsions, pressions que lui imposent nos gestes. Même la conduite automobile peut déformer les anneaux. Est-ce à dire que l'on ne peut pas porter des anneaux? Certes non. Ce serait beaucoup se priver, alors qu'un peu d'attention suffit à les épargner. Posez-les quand vous faites des travaux de force (dans un endroit sûr, et ne les oubliez pas !).
L'entretien
Je ne sais pourquoi, je vois rarement les femmes se préoccuper d'entretenir leurs bijoux ; elles ne s'en soucient le plus souvent que pour les faire réparer.
-Ne soumettez pas vos bijoux à l'action de substances corrosives. Ils sont peut-être ornés de pierres comme la turquoise, le lapis, etc. ou de perles qui seraient irrémédiablement endommagées;
- Rangez vos bijoux dans des petites housses individuelles, vous éviterez ainsi que les métaux et pierres très durs se rayent les uns les autres ;
- Faites vérifier de temps en temps sertissures et enmmaillages;
- Ne projetez de parfum ou de laque à cheveux sur vos perles, turquoises opales, etc..
-Faites réenfiler les perles régulièrement, d'une part pour prévenir une rupture de fil, d'autre part pour éviter que les substances acides (acides de la peau en particulier) ne pénètrent par capillarité à l'intérieur des perles. La matière perlière se détériorerait de l'intérieur. Et nettoyez vos bijoux, ils sont tellement plus jolis et brillants quand ils sont propres. La manière la plus simple pour vous est de les laisser tremper dans une solution savonneuse, de les brosser très très doucement avec une brosse à dents pour bébé en soie blanche au dessus de la cuvette, de les rincer à l'eau claire et de les laisser sécher dans un mouchoir en fil. Vous pouvez laver vos perles de la même manière. Laissez-les sécher à plat dans une peau de chamois pour que le fil ne se détende pas. Evitez de mettre émeraudes et opales à côté d'une source de chaleur. Je ne saurais trop vous recommander de ne pas utiliser les ultra-sons. C'est un moyen professionnel que vous ne pouvez maîtriser. La multiplicité des chocs peut dessertir les pavages des montures anciennes, faire "filer" des inclusion à l'intérieur des pierres.
Si l'un de vos bijoux est vraiment très sale, confiez-le à votre bijoutier, lui seul peut juger des moyens adaptés.
L'assurance
La première des assurances est de ne pas tenter le diable. Il n'est pas nécessaire de verser dans la paranoïa pour éviter de porter des bijoux le soir dans des endroits déserts ou dans un emballage trop apparent. Il ne faut pas non plus les laisser traîner sur des meubles ou les laisser sur un lavabo. Chacun peut dans ce domaine s'en rapporter au bon sens pour se prémunir contre le vol dont beaucoup sont dus à des imprudences. Néanmois, les cambriolages existent et vous êtes sans doute assuré contre cela. Il existe deux grands types de contrat :
a) les contrats multirisques habitation dans lesquels les bijoux sont presques toujours assuré pour une valeur calculée selon un coéfficient de la prime ou un pourcentage de la valeur totale assurée.
b) Les contrats tous risques bijoux en valeur agréée Ces contrats sont rares à l'heure actuelle. Ils vous assurent selon un accord avec votre compagnie contre le vol, la perte et les dégats divers qui peuvent survenir à vos bijoux. Ces contrats particuliers sont coûteux....
La valeur assurée est considérée par l'assurance comme :
- valeur déclarée : la déclaration est le fait de l'assuré sans que le document fourni engage la compagnie.
- Valeur agréée : la compagnie a commis elle-même les valeurs proposées par l'expert de l'assuré.
Pour de plus grandes précisions au sujet de l 'assurance de bijoux, le mieux est que vous contactiez votre compagnie.
les bagues
La bague, connue depuis le 3ième millénaire avant Jésus-Christ, est le bijou le plus chargé de signification et le plus porté, probablement parce que c'est celui qu'on voit le plus et qu'on peut faire le mieux miroiter avec les gestes. Les plus archaïques sont en os, coraux et autres matériaux vulnérables, mais c'est le travail des métaux qui donne l'impulsion à cette parure unique qui vit de celui qui la porte. On a interprété la bague à l'aube des temps comme une réduction au doigt du lien d'esclavage. Il est certain que très tôt, elle a été à la fois un symbole de fidélité et de souveraineté. Chacun a à l'esprit les bagues-sceaux d'Asie Mineure et des civilisations antiques, ainsi transportait-on sa marque personnelle. Le rôle du sceau se double vite du symbole du statut social de celui qui porte la bague, au besoin de son appartenance religieuse et hiérarchique dans cette religion ( bagues épiscopales).
La bague, comme l'anneau des Doges de Venise, est également investie d'un pouvoir souverain, les régalia, du reste, comportent presque toujours un anneau de sacre. Les bagues à contenu religieux sont quelquefois des reliquaires, les reliques ayant une vocation protectrice ou sanctifiante. D'autres bagues ont un rôle prophylactique, par exemple, au moyen-âge, les anneaux porteurs d'émeraude sont censés guérir l'épilepsie et les maladies des yeux. On leur confère encore des pouvoirs d'amulettes. Ornées d'ambre, ou d'inscriptions diverses, elles protègent du mauvais oeil. La littérature, la peinture ou la musique, les paraboles ou les mythes philosophiques les chargent d'un rôle talismanique comme l'anneau de Prométhée, celui des Niebelungen, ou l'anneau d'Aladin. Il est même arrivé qu'on leur attribue un rôle maléfique, comme celui de l'anneau qui orne le cou de la Vierge dAlmuneda.
Il ne faut pas oublier le rôle d'insigne politique et la fonction commémorative de la bague. Elle peut être iconographique et, dans ce cas, vouée à l'être aimé ou disparu. Ainsi peut-on faire de véritables collections de ".bagues à portrait" Liées à la vie quotidienne, elles peuvent avoir un rôle purement fonctionnel, comme les bagues "mémoires" composées de plusieurs anneaux pour se rappeler quelque chose (version sophistiquée du noeud de mouchoir). Les bagues à poison, à parfum, à pommade, ont ce même rôle d'accessoire utile, tout comme la bague-montre qui existe aussi bien au 18ième siècle qu'au 20ième siècle. La bague a toujours été portée avec des périodes de creux et des périodes de pointe. Les modèles sont innombrables et varient avec l'évolution des techniques et l'inspiration décorative. Tous dérivent de deux types : la chevalière et la bague à châton. La bague celtique d'Etoy en or, ornée d'une volute pourrait être une reproduction actuelle; la bague de l'archevêque Nolter Gray (mort en 1255) est l'ancêtre de nos modernes "bagues entourages".
Au début du Moyen-Age, les bagues sont plus souvent en argent qu'en or, mais, la société s'étant enrichie, la tendance s'inverse sous la Renaissance, époque où l'émail, qui était apparu sur les bagues au 14ième siècle connait une apogée. Jusqu'à l'époque actuelle, les décors émaillés ont périodiquement envahi les corps des bagues.
Au 16ième siècle, la mode des bagues est telle que l'on en dénombre sur les portraits jusqu'à 9 ou 10 portées à tous les doigts, y compris le pouce. Non contents de cette surcharge, hommes et femmes les cousent sur les manches et les chapeaux. Au besoin, elles sont portées autours du cou avec une chaîne ou un cordonnet de soie.
Au 17ième siècle, les progrès de la taille à facettes chassent des bagues les camées et les cabochon. Au même moment, les châtons s'ornent de nombreuses petites pierres en pavage ou en marguerite, éliminant progressivement les décors floraux émaillés. Mais les fleurs ne disparaissent pas pour longtemps des châtons, la bague "giardinetti" qui représente un petit bouquet, est très en vogue à la fin du 17ième siècle.
Au 18ième siecle, on ne porte pas beaucoup de bagues, bien qu'elles ne disparaissent pas complètement. Une grande favorite voit le jour, c'est la bague marquise. La bague entourage, grâce à l'afflux des pierres précieuses, s'installe un avenir prometteur. Il subsiste aussi des petites bagues de peu de valeur que l'on offrait souvent en gage d'amitié.
Au 19ième siècle, la bague perd progressivement ses multiples significations symboliques, à l'exception des bagues de mariage. Jusqu'à cette époque, on ne faisait pas de distinction nette entre la bague de fiancaille et la bague de mariage. La dissociation se fait quand apparaît l'alliance. Oscar Masin, au milieu du siècle, est l'auteur du châton illusion qui agrandit la pierre. C'est la première version du solitaire à griffes. Vers 1870, Tiffany, à New York, invente le chaton à 6 griffes tel qu'on le monte encore à l'heure actuelle. Il connaît un succès foudroyant aux Etats-Unis et gagne rapidement l'Europe. L'Art-Nouveau adapte la bague à son inspiration sinueuse et lui applique ses décors émaillés à jour malgré leur fragilité.
Le 20ième siècle connait une alternative de bagues à châtons et de bague chevalières. Ces dernières sont géométriques entre 1925 et 1950, sphériques depuis 1975-1980. Certains modèles renouvellent le genre, connaissant une vogue telle que leur nom est familier du public, comme la Philippine de Van Cleef and Arpels ou la Nadia de Mauboussin.
Nous ne pourrions pas ici évoquer les nombreux modèles existant, mais citons des bagues historiques qui sont de toutes les époques. Elles commémorent un événement ou manifestent une opinion.
les pendentifs
Le pendentif est un bijoux d'autant plus ancien qu'à l'origine, c'était une amulette suspendue au cou et portée à même la peau pour préserver des maléfices. Les tribus primitives actuelles nous en livrent encore des exemples sous forme de dents d'animaux, coquillages, pierres magiques, etc. Au long de son histoire, il est ensuite entré dans le domaine religieux pour manifester l'appartenance de celui qui le portait, tout en le plaçant sous la protection divine. Il s'est vu assigner un rôle d'insigne, de distinction (croix pectorale des évêques ou insigne des ordres de chevalerie), de reliquaire. Au Moyen-Age, ce bijou religieux ou magique s'enrichît et devient décoratif par l'adjonction de montures précieuses. Il devient essentiellement une parure au 16ième siècle. La renaissance le portera à l'apothéose que l'on connaît. A cette époque, le rôle magique est complètement évacué et le pendentif acquiert un rôle ornemental qu'il ne perdra plus. Qui n'a révé devant ces monstres et divinités étranges dont les corps sont faits de perles baroques montées en or émaillé polychrome ? Le plus célèbre des joailliers-orfèvres est Benvenuto Cellini, dont on ne possède malheureusement pas de bijoux. Aux 17ième et au 18ième siècles, c'est un bijou peu porté, sauf sous forme de miniature incluse dans des montures précieuses. Il réapparait au 19ième siècle avec une signification sentimentale dans la première moitié du siècle. Ce sont des médaillons ouvrants, des coeurs, des croix qui ne sont plus seulement religieuses. L'Art-Nouveau trouve dans le pendentif un bijou de prédilection. Sa position (dont la hauteur varie avec les époques : selon la mode vestimentaire, la chaine est plus ou moins longue) a pour conséquence qu'on le voit. Cette mise en valeur particilière du bijou a séduit les créateurs de l'Art-Nouveau qui ont trouvé là une occasion de donner libre cours à leur imagination. Le pendentif, qui tient en place par la pesanteur, peut supporter les décors asymétriques et tourmentés propres à ce style. L'élan donné au pendentif au début de ce siècle s'est maintenu jusqu'à la fin de l'Art Déco. Dans la décennie 1920-1930, le pendentif se porte au niveau de l'estomac, au bout d'une longue chaîne ou d'un cordon de soie. Il n'est plus nécessairement composé de matériaux précieux.
Dans la période 1930-1960, le pendentif connaît un déclin. A l'heure actuelle, ce n'est pas le bijou favori de la joaillerie contemporaine. Néanmoins, c'est un bijou très porté exhumé des écrins familiaux. Il a en effet l'avantage de pouvoir se marier facilement avec les toilettes modernes destructurées ou sportives.
On assiste actuellement à une toute nouvelle vague de création de pendentifs. Les plus stylisés et articulés tiennent le haut du pavé.